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Asset management : la souscription reste votre angle mort ?

Publié le 19 mai 2026

UBO beneficiaire effectif

Le secteur de l’asset management s’est profondément transformé ces dernières années : produits, canaux de distribution, cadre réglementaire. Pourtant, un point reste inchangé : le parcours de souscription. Ce retard n’est pas anecdotique. 

 

À l’heure où l’Europe pousse à la démocratisation de l’investissement via ELTIF 2, ce parcours est en train de devenir un frein structurel. Numériser la souscription n’est plus une question d’opportunité. C’est une nécessité opérationnelle et économique. 

Un modèle conçu pour peu d’investisseurs 

Pendant des décennies, le modèle a fonctionné sans accroc : quelques centaines de souscripteurs, des tickets souvent supérieurs au million d’euros, une distribution assurée par les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) et les banques privées. Dans ce contexte, un processus manuel était acceptable. Pas de volume, pas d’urgence à numériser. 

ELTIF 2, entré en vigueur le 10 janvier 2024, a changé cette équation. En abaissant les tickets d’entrée à 10 000 €, le règlement européen ouvre les fonds d’investissement à une nouvelle clientèle1. 

Résultat mécanique : une société de gestion qui gère aujourd’hui 200 à 500 investisseurs pourrait demain en gérer 50 000. Ce changement d’échelle rend le modèle opérationnel actuel intenable. Ce qui se gère manuellement à petite échelle ne se gère plus du tout à grande échelle sans un impact direct sur les coûts et la qualité de service. 

Lemonway a déjà accompagné cette transformation, notamment pour ses partenaires plateformes de crowdfunding qui gèrent aujourd’hui des dizaines de milliers d’investisseurs avec des tickets moyens de 3 000 €2. L’asset management devra faire de même. La différence, c’est qu’il part de plus loin. 

 

Le vrai point de friction : la souscription et la collecte 

Souscrire à un fonds est aujourd’hui un enchaînement de frictions invisibles : formulaires papier ou PDF échangés par e-mail, vérifications manuelles, délais de traitement de 5 à 10 jours, risque d’erreurs de réconciliation. 

Selon une étude Fenergo auprès de 450 dirigeants de sociétés de gestion, 72 % d’entre eux reconnaissent que leurs processus KYC sont manuels et leur collecte laborieuse3. 74 % ont perdu des investisseurs à cause d’une mauvaise expérience d’onboarding4. 

Dans ce diptyque (KYC, collecte), c'est ce dernier qui est le plus sous-estimé. Avec des milliers de souscripteurs et des intermédiaires multiples (CGP, banques privées, plateformes), la réconciliation des flux devient le point névralgique de toute l’opération. Un appel de fonds mal réconcilié, une commission mal distribuée : à petite échelle, c’est un incident. À grande échelle, c’est un risque systémique. 

À cela s’ajoute la dimension réglementaire. Le paiement est indissociable de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) : l’origine des fonds doit être vérifiée, les flux tracés. Intégrer le paiement au parcours de souscription ne crée pas de contrainte supplémentaire. Cela transforme la conformité en facilitateur de conversion. 

 

Pourquoi le secteur n’a pas encore basculé 

La principale résistance n’est pas technique. Elle est culturelle. Les sociétés de gestion craignent qu’en numérisant leur souscription, et donc en adressant directement les épargnants, elles court-circuitent leurs réseaux de distribution. Les CGP sont rémunérés pour trouver des investisseurs. Aller les chercher en direct, c’est risquer de se mettre à dos le principal canal commercial. 

Cette logique est compréhensible. Elle est aussi désormais dépassée. Dans le crowdfunding, les CGP représentent 15 % de la collecte des plateformes françaises5. La coexistence est non seulement possible, elle est la norme. Numériser la souscription ne remplace pas les distributeurs. Cela automatise leur rémunération, fiabilise les flux et simplifie leur travail. 

L’autre frein est plus diffus : la perception que ce serait trop complexe, que l’outil n’existe pas, que le ROI n’est pas démontré. En réalité, le statu quo masque un coût opérationnel élevé, que la montée du nombre de souscripteurs portée par ELTIF 2 va rendre visible, brutalement. 

Numériser : automatiser, sécuriser, accélérer 

Une souscription numérisée, c’est un KYC (y compris pour les personnes morales : holdings, sociétés patrimoniales, on parle alors de KYB), un paiement unifié et une réconciliation automatisée. Les gains sont mesurables : le délai d’onboarding passe de 5-10 jours à 24-48 heures6, la complétion d’un bulletin de souscription de plusieurs heures à quelques minutes. 

Mais la transformation va plus loin que l’opérationnel. Elle touche aussi la distribution. Lorsque les flux sont structurés numériquement, la rémunération des intermédiaires s’automatise elle aussi. Ce qui était une source de friction administrative devient un avantage : l’attribution des commissions est traçable, conforme aux exigences MiFID de transparence des frais, et ne nécessite plus d’intervention manuelle. La gestion automatisée des flux améliore le pilotage de toute la chaîne de valeur. 

Il y a aussi une réalité de marché plus large. Les investisseurs d’aujourd’hui, y compris dans les fonds, attendent la même fluidité que sur n’importe quelle plateforme financière. L’engouement pour la cryptomonnaie n’est pas qu’une histoire de rendement, c’est aussi une affaire d’accessibilité et de vitesse. Les fonds, même inscrits dans des horizons de dix ans, doivent s’aligner sur ces attentes pour attirer la prochaine génération d’investisseurs. 

 

Ne pas numériser : un risque stratégique 

Des plateformes de financement participatif ont déjà recruté 450 000 investisseurs en trois ans7. Des agrégateurs comme Allfunds, valorisé 5,3 milliards d'euros dans le cadre de son acquisition annoncée par Deutsche Börse en janvier 20268, proposent un accès en ligne à toute une gamme de fonds. Ces acteurs ont compris qu’il fallait numériser. Ils l’ont fait. Et ils captent désormais une relation client que les sociétés de gestion n’ont pas cherché à digitaliser. 

Le risque est celui du producteur dans un marché dominé par les distributeurs numériques : perdre la proximité avec le souscripteur, et avec elle, la capacité à créer une marque, à fidéliser, à croître. Le marché de l’asset management en France représente environ 40 milliards d’euros de collecte annuelle9, soit vingt fois le crowdfunding. La fenêtre est largement ouverte. Les acteurs historiques conservent leurs atouts : expertise, crédibilité, track record. Mais la vitesse d’exécution devient un différenciateur décisif. 

 

Le paiement, point d’entrée de la transformation 

La numérisation du parcours de souscription ne se résume pas à une amélioration de l’interface. Elle engage l’organisation, la distribution, le modèle économique. Et c’est le paiement, longtemps traité comme une commodité, qui en est le véritable pivot : conformité, fluidité, réconciliation, distribution des rémunérations. 

Chez Lemonway, nous opérons cette infrastructure depuis plusieurs années pour des centaines de plateformes de crowdfunding dans tous les pays de l’UE. La technologie est éprouvée, le savoir-faire transférable. Ce qui change, c’est l’échelle du marché adressé et l’urgence du passage à l’acte. 

Ceux qui structurent leurs flux aujourd’hui prennent une avance durable. Pas contre leur réseau, mais avec lui. 

 

 

 

[1] Règlement européen ELTIF 2, Règlement (UE) 2023/606 du Parlement européen et du Conseil, entré en application en janvier 2024.  

[2] Données internes Lemonway, issues de l’activité des plateformes clientes.

[3] Fenergo, « KYC in Asset Management », 2024. Étude menée auprès de 450 dirigeants de sociétés de gestion.

[4] Ibid., Fenergo, 2024.

[5] Données internes Lemonway.

[6] Données issues de benchmarks sectoriels, notamment McKinsey & Company ; voir également Centralised Business KYC: A Game Changer for Asset Managers, août 2024.

[7] Données internes Lemonway, agrégées sur le portefeuille de plateformes clientes.  

[8] Communiqué conjoint Deutsche Börse Group et Allfunds Group,, 21 janvier 2026. L’acquisition est soumise aux approbations réglementaires, sa finalisation est attendue au premier semestre 2027. 

[9] AMF, Chiffres clés 2024 de la gestion d’actifs, décembre 2025 ; AFG, Panorama annuel 2024.

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  • Introduction
  • Un modèle conçu pour peu d’investisseurs 
  • Le vrai point de friction : la souscription et la collecte 
  • Pourquoi le secteur n’a pas encore basculé 
  • Numériser : automatiser, sécuriser, accélérer 
  • Ne pas numériser : un risque stratégique 
  • Le paiement, point d’entrée de la transformation 

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