E-commerce

9 min de lecture

Wallet ou contrat VAD : où doivent arriver les fonds de vos ventes en ligne ?

Publié le 21 octobre 2026

Wallet ou contrat VAD : où doivent arriver les fonds de vos ventes en ligne ?

Pour l’acheteur, le paiement se déroule de la même façon dans les deux cas. Il saisit sa carte, valide, reçoit sa commande, et la loi le protège de manière identique, quel que soit le chemin emprunté par l’argent.

Côté marchand, deux circuits existent. Le contrat de vente à distance (VAD), issu du modèle bancaire français, fait arriver les paiements sur le compte professionnel du commerçant. L’autre circuit, souvent appelé Wallet, les dépose d’abord sur un compte ouvert au nom du marchand chez le prestataire qui encaisse, puis les reverse sur son compte bancaire.

Ce choix a des conséquences sur la trésorerie, sur le coût de chaque encaissement, sur la relation avec son banquier et sur le temps nécessaire pour lancer une activité en ligne. Comment fonctionne chaque circuit, et dans quels cas l’un prend-il l’avantage sur l’autre ? 

Le contrat VAD, héritier du terminal de paiement bancaire

Bien avant le e-commerce, un commerçant français qui voulait accepter la carte bancaire passait par sa banque. Elle lui fournissait un terminal de paiement, souvent fabriqué par Ingenico ou Verifone, et un contrat monétique de proximité permettant de relier un TPE à son compte professionnel. Un numéro de contrat commerçant à 7 chiffres, communiqué par la banque, sert à connecter le terminal à son compte bancaire.

En fin de journée, les paiements de la journée effectué via le terminal sont envoyés en une fois à la banque : c’est la télécollecte. La banque les traite dans la nuit et l’argent arrive sur le compte du commerçant, en général le lendemain ouvré. Il n’est toutefois pas obligatoire d’effectuer la télécollecte chaque jour : si elle n’est pas lancée, les transactions restent en attente dans le terminal et ne seront transmises à la banque qu’au moment de la prochaine télécollecte.

Avec l’arrivée de la vente en ligne, les banques ont reproduit ce fonctionnement avec un terminal virtuel. Worldline, alors filiale d’Atos, a conçu la plateforme de paiement Sips, que de grandes banques ont distribuée sous leur propre nom : Mercanet chez BNP Paribas, Sogenactif à la Société Générale. D’une banque à l’autre, seul le logo de la page de paiement changeait.

Ce terminal virtuel repose sur un contrat monétique de vente à distance, distinct du contrat utilisé en magasin. La banque l’accorde après avoir étudié le dossier, car le risque d’impayé est plus élevé quand la carte n’est pas présentée physiquement. Une fois le contrat signé, le circuit des fonds reste celui du magasin : une remise chaque nuit, un crédit direct sur le compte du commerçant. 

Le wallet, un compte d’encaissement ouvert chez le prestataire

PayPal a popularisé un autre modèle auprès des marchands en ligne. Nicolas Weissleib, Head of Sales & Ops E-Commerce chez Lemonway, le résume par une comparaison : 

« PayPal est aux solutions de paiement ce que Facebook est aux réseaux sociaux : le premier acteur international très largement adopté. » 


Nicolas Weissleib

Lemonway 

Le commerçant ouvre lui-même, en ligne, un compte d’encaissement chez son prestataire de services de paiement (PSP). Il fournit les justificatifs demandés sur son entreprise et ses dirigeants, dans le cadre de la vérification KYB, puis renseigne l’IBAN de son compte professionnel.

Chaque paiement par carte crédite ensuite ce compte de paiement, le wallet, et le solde lui est reversé par virement sur son compte bancaire. Ce que ces flux changent pour la clôture comptable est détaillé dans notre article sur la réconciliation e-commerce.

Les prestataires qui tiennent ces comptes sont des établissements agréés. L’argent de leurs clients doit être séparé de leur propre argent et protégé en cas de faillite, comme l’exige la deuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP2). Il est donc protégé jusqu’à son reversement sur le compte bancaire du marchand, selon la fréquence convenue. 

Pourquoi le prestataire garde-t-il une partie des fonds en attente ?

Quel que soit le circuit, celui qui encaisse pour le marchand, sa banque ou un prestataire de paiement, doit pouvoir rembourser un acheteur quand une vente tourne mal. Avec un contrat VAD, la banque tient le compte professionnel du commerçant. Ce compte sert aussi à ses autres opérations et dispose souvent d’argent, sur lequel la banque peut prélever un remboursement ou un impayé. Avec un wallet, le prestataire de paiement, lui, n’a que l’argent des ventes en attente de reversement.  

Plusieurs situations obligent l’un comme l’autre à rembourser.

  • Le droit de rétractation : pour un achat à distance, le consommateur dispose de 14 jours pour revenir sur sa décision sans se justifier. Les denrées périssables et les repas commandés pour une date précise échappent à ce délai, la plupart des autres achats en ligne y sont soumis.
  • Les litiges : un client estime, à tort ou à raison, que le produit reçu ne correspond pas à sa commande. Pendant que le litige est instruit, le prestataire doit pouvoir rembourser tout ou partie de la somme.
  • La fraude : une carte utilisée à l’insu de son titulaire donne lieu à un remboursement, parfois découvert plusieurs semaines après la vente. Le taux de fraude sur les paiements par carte sur internet a été divisé par deux depuis 2020, selon le dernier rapport de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement1, mais il reste nettement supérieur à celui des paiements en magasin.

 

De là viennent les réserves, les comptes d’attente et les virements différés. Une banque peut aussi demander une garantie ou verser plus tard une partie de l’argent selon le risque de l’activité, mais ces précautions sont plus fréquentes avec un wallet, puisque le prestataire ne voit que les ventes. Pour le marchand, elles se traduisent en trésorerie immobilisée. 

Coût, autonomie, relation bancaire : ce qui fait pencher la balance

Pour un commerce à gros volume, bien connu de sa banque et qui y a déjà des crédits en cours, le contrat VAD peut souvent revenir moins cher. La banque peut lui accorder des conditions proches de son prix de revient, construites sur la commission d’interchange qu’elle verse à la banque de l’acheteur. Pour les autres commerces, l’écart se réduit et peut même s’inverser : un prestataire de paiement regroupe les ventes de tous ses marchands et obtient ainsi de meilleures conditions auprès de ses propres banques.

Depuis le règlement européen 2015/751, cette commission est plafonnée à 0,2 % du montant pour les cartes de débit des particuliers et à 0,3 % pour leurs cartes de crédit. Certaines cartes d’entreprise échappent à ce plafond.

Laisser les flux chez sa banque a aussi une valeur relationnelle. La banque facture l’encaissement, voit passer l’activité, et le commerçant garde un interlocuteur qu’il connaît. Pour les deux parties, c’est un élément de réassurance.

Le wallet se défend sur un autre terrain. L’ouverture se fait en ligne, sans rendez-vous en agence, et le marchand gère seul son point de vente. C’est la voie la plus rapide pour tester une activité. Son tarif est global : il inclut la gestion du risque et de la fraude, que le marchand paierait à part avec un contrat VAD (passerelle de paiement, outil anti-fraude). Beaucoup d’activités démarrent ainsi, et une partie y reste. 

 

Contrat VAD Wallet
Où arrivent les paiements Sur le compte bancaire professionnel du marchand Sur un compte de paiement ouvert au nom du marchand chez le PSP
Quand le marchand dispose des fonds Remise chaque nuit, crédit en général le lendemain Virement vers la banque selon la périodicité convenue, une part pouvant rester en attente
Qui porte le risque La banque prélève sur le compte du marchand ; plus rarement, garantie ou crédit différé Le PSP constitue une réserve ou diffère une partie des versements
Ce qui est facturé Commission bancaire négociable avec le volume, plus les frais de la passerelle technique Commission globale qui inclut la gestion du risque
Mise en place Étude du dossier par la banque, puis raccordement d’une passerelle de paiement Inscription en ligne et vérification KYB

 

Pour Nicolas Weissleib, les deux modes se complètent : 

« Ces deux modes donnent de l’agilité au marchand : dans son modèle économique, dans la gestion de sa trésorerie, dans sa relation avec sa banque, dans les zones géographiques où il fait du commerce. » 
 

Nicolas Weissleib

Lemonway 

Réseaux de points de vente : laisser chaque établissement choisir son circuit

La question devient plus fine dans une entreprise qui exploite plusieurs points de vente. Quand un établissement réalise 30 % du chiffre d’affaires du groupe, son dirigeant peut chercher à négocier pour lui un contrat VAD à des tarifs très compétitifs, et garder le wallet pour les plus petits.

Dans un réseau de franchises s’ajoute la question du pouvoir de décision. Franchisés, succursales, sociétaires : les établissements n’ont pas tous le même statut. La tête de réseau peut signer un contrat de paiement en ligne pour le groupe, certains points de vente peuvent refuser d’y adhérer.

L’enseigne class’croute, qui nourrit les salariés sur leur lieu de travail depuis 1987, l’a vécu en choisissant son prestataire de paiement en ligne. Ses quelque 80 restaurants sont presque tous franchisés (99 %). La plupart des prestataires consultés proposaient le seul wallet. Certains franchisés, dont le chiffre d’affaires dépassait largement celui des autres établissements, refusaient de quitter leur connexion bancaire : 

« Ils nous expliquaient : “je ne vais pas déconnecter ce qui est relié à ma banque aujourd’hui pour un système où mon argent n’est pas là.»


Nicolas Weissleib

Lemonway 

PayGreen by Lemonway a répondu avec deux grilles tarifaires sur la carte bancaire, réunies dans un contrat hybride. En mode wallet, l’établissement encaisse sur son compte de paiement. En mode VAD, l’encaissement en ligne est relié au compte bancaire du point de vente : PayGreen facture alors uniquement un montant fixe par transaction, et la partie variable est facturée par la banque. 

« Pouvoir encaisser soit sur un wallet chez un prestataire de paiement, soit directement sur le compte bancaire de l’établissement, a permis d’embarquer 100 % des établissements du groupe. C’est cette souplesse qui nous a fait gagner l’appel d’offres »


Nicolas Weissleib

Lemonway 

Sur la solution e-commerce, un même réseau fait ainsi cohabiter des points de vente en wallet et d’autres raccordés à leur propre banque, chacun avec ses conditions.

Un circuit par point de vente plutôt qu’un camp

Le débat “wallet contre VAD” se règle rarement en choisissant un camp. Volume d’affaires, besoin de trésorerie, relation avec la banque, vitesse de lancement : ces critères varient d’un établissement à l’autre, et parfois d’une année sur l’autre pour un même point de vente. Un prestataire capable de proposer les deux modes dans un même contrat laisse cette décision à chaque établissement.

Avec PayGreen by Lemonway, le marchand accède avec un seul contrat à la carte et aux autres moyens de paiement, comme les titres-restaurant, et suit toutes ses ventes au même endroit.

Vous gérez un site e-commerce ou un réseau de points de vente et hésitez entre l’encaissement sur wallet et le contrat VAD ? Les équipes Lemonway étudient avec vous le circuit adapté à chaque établissement et mettent en place l’un, l’autre ou les deux. Contactez-nous. 

Partager l'article

  • Introduction
  • Le contrat VAD, héritier du terminal de paiement bancaire
  • Le wallet, un compte d’encaissement ouvert chez le prestataire
  • Pourquoi le prestataire garde-t-il une partie des fonds en attente ?
  • Coût, autonomie, relation bancaire : ce qui fait pencher la balance
  • Réseaux de points de vente : laisser chaque établissement choisir son circuit
  • Un circuit par point de vente plutôt qu’un camp

Envie de faire
le plein d’idées ?

Recevez nos conseils, nos bonnes pratiques et les tendances phares du secteur des paiements pour marketplaces.

  • Lemonway est un Établissement de paiement, agréé par l’ACPR sous le numéro 16568, depuis 2012

    pci dss icon
  • Mentions légales
  • CGU
  • Protection des données
  • Égalité
  • © 2026 Lemonway. All rights reserved.

Découvrez nos derniers articles

Click and collect : les choix de paiement qui font revenir les clients

Click and collect : découvrez comment proposer les bons moyens de paiement, dont les titres-restaurant, pour simplifier la commande et fidéliser vos clients.

E-commerce

6 min

Food e-commerce : quels moyens de paiement augmentent vraiment la conversion ?

Titres-restaurant, paiement one-click et abonnements : découvrez les leviers qui augmentent vraiment la conversion en food e-commerce.

E-commerce

6 min

Réconciliation e-commerce : combien coûte vraiment un moyen de paiement supplémentaire ?

Cartes, titres-restaurant, wallets et commissions fragmentent la clôture comptable. Découvrez comment centraliser les flux et alléger la charge des équipes finance.

E-commerce

6 min